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Bob Dylan - Blood on the Tracks

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Bob Dylan - Blood on the Tracks (1975) La renaissance d'un poète blessé Minnesota, bien avant Nebraska Blood on the Tracks est d’abord le cri étouffé d’un homme qui voit son couple se déliter. Un album aux multiples visages, façonné dans le doute, la fuite en avant et les volte-face créatives. À l’époque, Bob Dylan traverse une crise intime profonde. Sa séparation avec Sarah, son épouse depuis une dizaine d'années, devient la matière brûlante de son quinzième album même si, fidèle à lui-même, il niera toujours toute dimension autobiographique. Lorsque Dylan entre en studio à New York, en septembre 1974, cela fait longtemps qu’il tourne en rond dans une dépression dont il ne voit pas la fin. Il doute, rature, recommence. Autour de lui, une formation réduite au strict minimum. Les prises sont brutes, dépouillées, magnifiques mais si sombres que son frère David lui conseille de tout revoir. Pris d’une panique soudaine, Dylan casse l’élan, ferme la session et file ver...

Love - Forever Changes

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Love - Forever Changes (1967) Les grands oubliés de la fin des sixties Un testament musical  Sorti en 1967, Forever Changes est un disque à double tranchant : étourdissant dans sa grâce psychédélique, mais traversé d’une tension latente, presque inquiétante, comme un écho direct à ce que devient la Californie à l’orée de la fin des sixties. Une ville qui danse en plein soleil le jour, mais où, la nuit tombée, flottent déjà des relents de paranoïa, de peur sociale et de violence à venir. Arthur Lee, chanteur et cerveau de Love , compose alors persuadé (rongé par les excès et une intuition presque morbide) que ses jours sont comptés. Il aborde Forever Changes comme une œuvre-testament, un disque qui regarde la mort dans les yeux tout en serrant encore l’idée d’espoir entre les doigts. L’album se nourrit de cette tension. Sombre, parfois oppressant, il est pourtant traversé de clartés obstinées, de fulgurances lumineuses qui respirent encore l’utopie hippie. C’est précisé...

Pink Floyd - Atom Heart Mother

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Pink Floyd - Atom Heart Mother (1970) Lulubelle III  L’après Syd Barrett Avant-gardiste dans l’âme, Atom Heart Mother débarque dans les bacs britanniques à l’automne 1970. Cinquième opus des Pink Floyd , l’album fait office de véritable pivot entre la période où le groupe se cherchait encore une identité et les années à venir, foisonnantes et décisives sur le plan musical. David Gilmour, solidement ancré dans la formation depuis A Saucerful of Secrets , s’affirme ici comme un guitariste à part. Sa Stratocaster gagne en lyrisme, ses solos prennent de l’ampleur : il commence à esquisser le style qui fera bientôt sa signature. De son côté, Roger Waters impose peu à peu sa vision. Son tempérament, son sens du concept et son écriture affirment leur emprise, sans heurts majeurs… pour le moment. Les Floyd glissent alors doucement du psychédélisme vers un rock plus progressif. Ils osent les structures longues, les atmosphères orchestrales, les idées conceptuelles. Atom Heart M...

Mandrill - Mandrill

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Mandrill – Mandrill (1971) Un primate funky en liberté dans la Grosse Pomme De Panama à Brooklyn Fondé à Brooklyn à la fin des années 60, Mandrill est avant tout un groupe de scène reconnaissable à ses tenues flamboyantes et à son goût marqué pour l’improvisation. Leur musique, mélange explosif de funk, soul psychédélique, jazz, rock, rythmes afro-caribéens, avec des touches de gospel et de rock progressif, reflète parfaitement l’effervescence multiculturelle du New York de l’époque. Le groupe se structure autour des frères Wilson : Carlos, Lou et Ricardo (nés au Panama mais élevés à Brooklyn). Mandrill s’inscrit dans la lignée de formations comme Sly and the Family Stone ou Ohio Players , tout en cultivant une identité plus hybride : cuivres omniprésents, percussions latines, harmonies vocales sophistiquées. Un cocktail sonore intensément cosmopolite. Les frères Wilson baignent dans la musique dès l’enfance, jouant ensemble dans le salon de coiffure de leur mère ou des ...

The Rolling Stones - Exile On Main St.

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The Rolling Stones – Exile On Main St. (1972) Du delta du Mississippi aux rives de la Méditerranée L’exil fiscal S’il fallait capturer l’âme des Rolling Stones dans un seul disque, c’est dans Exile on Main St. qu’on plongerait les mains. Un double album chargé d’électricité et de décadence, où la moiteur du blues se mêle au rock’n’roll le plus cru, à la country poussiéreuse avec des éclats de gospel étincelant. Rien n’est propre, rien n’est lissé : tout y est brut, sale, viscéral. L’œuvre ressemble plus à un manuscrit taché de bourbon qu’à un produit fini et c’est précisément pour ça qu’elle est essentielle. Début des années 70 : les Stones dominent le monde, mais titubent dans un chaos total. En Angleterre, leurs problèmes fiscaux deviennent monstrueux. Le gouvernement, excédé par les frasques et l’apologie assumée des paradis chimiques, rêve de leur tomber dessus. L’exil n’est plus un caprice : c’est une nécessité stratégique pour sauver leurs finances… et leur liberté....