Articles

Ramones - It's Alive

Image
Ramones - It's Alive (1979) Une énergie destructrice Malgré des ventes décevantes aux États-Unis, les trois premiers albums des Ramones sont devenus des piliers incontournables du punk et de l’histoire de la musique. Il n’est donc pas surprenant que ce live ait été enregistré de l’autre côté de l’Atlantique, au légendaire Rainbow Theatre de Londres, où la ferveur du public pour le groupe dépasse largement celle rencontrée à New York, même si, dans leur ville natale, une petite mais fidèle niche de fans continuait de les suivre. It's Alive est le meilleur moyen de comprendre ce que le groupe représentait sur scène. Enregistré le 31 décembre 1977, cet album sort en 1979, à un moment où la vague punk bat son plein en Angleterre. Ce concert londonien n’est pas anodin. Les Ramones y sont accueillis comme des héros : ils ont fortement influencé la scène punk britannique, notamment des groupes comme les Sex Pistols ou The Clash . Contrairement à beaucoup de lives retrav...

Emerson, Lake & Palmer - Emerson, Lake & Palmer

Image
Emerson, Lake & Palmer - Emerson, Lake & Palmer (1970) À la fois complexe, puissant et raffiné ! Avec ce premier album,  Emerson, Lake & Palmer  ne cherche pas à séduire les foules, mais à captiver l’auditeur curieux, prêt à se laisser emporter. L’œuvre avance comme une créature indomptée : encore brute, parfois désordonnée, mais déjà fascinante. Elle pose, presque malgré elle, les premières pierres du rock progressif des années 70 (avec King Crimson tout de même). Dès les premières mesures, le trio Keith Emerson, Greg Lake et Carl Palmer affiche clairement ses ambitions. Le rock fusionne ici avec la musique classique et le jazz dans un langage explosif, virtuose et souvent imprévisible. Emerson, qui assure l’essentiel de la direction musicale, redéfinit le rôle du clavier : son usage du Moog (synthétiseur analogique créé dans les années 60 par Robert Moog), encore balbutiant à l’époque, devient une véritable révolution sonore. Le synthé cesse d’être un...

Thin Lizzy - Black Rose

Image
Thin Lizzy - Black Rose (1979) Black Rose ou l'essence de Thin Lizzy À l’aube des années 80, les seventies s’apprêtent à tirer leur révérence, laissant derrière elles une traînée flamboyante, encore vibrante de décibels et d’excès. Car musicalement, la décennie n’a pas simplement été riche : elle a été une véritable déflagration. Des milliers de groupes ont surgi dans son sillage. Beaucoup se sont consumés dans l’ombre de leurs garages, anonymes, éphémères. D’autres, en revanche, ont crevé l’écran, propulsés sous les projecteurs, jusqu’à remplir les stades aux quatre coins du globe. Entre ces deux extrêmes, une même fièvre créative, brute, incontrôlable. Tous les territoires sonores ont été conquis, de la psyché vaporeuse au rock progressif labyrinthique, des confessions folk aux assauts du hard rock, sans oublier les racines brûlantes du blues rock. Une diversité presque insolente, portée par une génération qui refusait les frontières. Bref, les années 70 n’ont pas seu...

King Crimson - In The Court Of The Crimson King

Image
King Crimson - In The Court Of The Crimson King (1969) Le point de départ du rock progressif J’aurais tendance à qualifier ce premier album de King Crimson comme une expérience profondément troublante sur le plan émotionnel. Une œuvre qui, malgré ses aspérités, demeure paradoxalement plus accessible au grand public que certaines productions de Emerson, Lake & Palmer . Mais qu’on ne s’y trompe pas : ici, l’accessibilité n’a rien de confortable. Moins ostensiblement virtuose que les démonstrations techniques d’ELP, In the Court of the Crimson King n’en reste pas moins une pierre angulaire du rock progressif, tissée d’expérimentations jazz et de structures complexes. Pourtant, son ancrage dans le rock demeure constant, presque viscéral, porté par des bases rythmiques solides et un groove identifiable qui servent de fil conducteur au cœur de ses dérives sonores. Formé à Londres en 1968, le groupe se distingue rapidement par une instabilité chronique de son line-up, à cont...

Alice Cooper - Killer

Image
Alice Cooper - Killer (1971) Killer ou l'histoire d'un album ennemi du politiquement correct Un enregistrement pensé pour la scène Killer , quatrième album d' Alice Cooper, paraît en 1971 avec une ambition claire : être pensé pour la scène. À l’époque, l’industrie du disque impose à ses artistes un rythme infernal. À peine les sessions d’enregistrement terminées, les groupes reprennent la route. Les tournées s’enchaînent et, entre deux concerts, les musiciens écrivent déjà de nouveaux morceaux, prêts à retourner en studio une fois les kilomètres à peine digérés. Dans cette valse permanente, l’alcool et les drogues circulent abondamment au sein du groupe (même si la véritable descente aux enfers de Cooper n’interviendra que quelques années plus tard). Cette atmosphère n’est pas sans conséquence sur l’enregistrement. L’épisode du solo de Under My Wheels en est l’illustration la plus frappante. Le producteur Bob Ezrin exige alors une précision de jeu quasi milita...