Nazareth - Hair of the dog
Nazareth - Hair of the dog (1975)
Vous reprendrez bien un petit remontant ?
Avec Hair of the Dog, NAZARETH signe une démonstration de force brute. Pas besoin d’artifices, ni de claviers inutiles : une guitare acérée, une basse implacable, une batterie qui martèle et cette voix râpeuse entretenue au scotch des Highlands suffisent à allumer la mèche. Le résultat ? Un album taillé dans le granit, explosif, où chaque riff bluesy claque comme une gifle.
À l’écoute, impossible de ne pas percevoir l’onde de choc qui inspirera (peut-être) les frères Young et leur machine de guerre nommée AC/DC. Hair of the Dog n’est pas seulement un disque culte des années 70, c’est une pièce maîtresse de ce hard rock primal, fiévreux et sans concession. Sorti en 1975, Hair of the Dog marque le sixième opus studio de NAZARETH. Enregistré au Escape Studio, dans le Kent, puis peaufiné au légendaire AIR Studio de Londres, l’album s’impose comme le plus grand succès commercial du quatuor écossais, avec plus de deux millions d’exemplaires écoulés à travers le monde. Sa pochette signée par l’illustrateur britannique David Fairbrother-Roe, intrigue par son esthétique saisissante bien qu’elle entretienne peu de liens avec le titre de l’album (si ce n’est la référence au mot "Dog"). Quant à l’expression "The hair of the dog that bit you", elle renvoie à une formule anglaise familière évoquant le remontant censé apaiser une gueule de bois… en reprenant justement un verre d’alcool. C’est justement le morceau éponyme Hair of the Dog qui ouvre le bal avec une intro de batterie à la rythmique bien huilée avant que les riffs acérés de la Gibson Les Paul de Manny Charlton ne viennent électriser l’ensemble. Un morceau devenu culte, repris plus tard par GUNS N’ ROSES sur The Spaghetti Incident? Slash a déclaré qu'il fût une époque où il écoutait beaucoup NAZARETH. Vient ensuite Miss Misery, où la guitare rappellant le jeu de Tony Iommi de Black Sabbath installe une ambiance sombre et tranchante. Troisième titre, Guilty se fait plus tendre : une ballade signée Randy Newman (remplacée sur l’édition américaine par Love Hurts, qui fera exploser le groupe aux États Unis). La face se clôt sur un morceau dont le riff n'est pas sans rappeler le Black Dog de LED ZEPPELIN mais avec la voix rugissante et unique de Dan McCafferty qui donne à la chanson un relief nouveau. Et juste quand on pense que l’on connaît le chemin, le rythme change complètement en deuxième partie, surprenant l’auditeur. La face B, quant à elle, offre un voyage plus nuancé. Des titres comme Whiskey Drinkin’ Woman ou Please Don’t Judas Me explorent des tempos plus variés, des passages mélodiques ou bluesy, et des arrangements subtilement travaillés.Cependant, malgré cette atmosphère plus contemplative, le groupe reste fidèle à son hard rock explosif et captivant. Au final, Hair of the Dog reste pour moi bien plus qu’un simple album : c’est un concentré de riff, de rage et de liberté. Chaque écoute me ramène à cette énergie primitive, à ce cri viscéral qui donne envie de tout envoyer valser. NAZARETH a assurément signé là son oeuvre le plus emblématique et c’est sûrement pour ça qu’il traverse les décennies sans jamais perdre de sa force. C’est ce genre d'album qui rappelle pourquoi on aime le rock : parce qu’il ne triche pas, il nous prend aux tripes et ne nous lâche plus. Et si c'est trop fort pour vous, c'est que vous êtes trop vieux !
Fiche technique :
Enregistrement : Novembre 1974 à Janvier 1975
Studio : Escape Studio (Kent - Angleterre) - Air Studios (Londres - Angleterre)
Sortie : Mars 1975
Durée : 40.20
Genre : Rock
Style : Hard rock, Blues rock
Producteur : Manny Charlton
Ingénieur du son : Nick Blagona
Label : Mooncret
Dan McCafferty : chant principal, cornemuse
Manny Charlton : guitares (lead, rythmique, acoustique), producteur
Pete Agnew : basse, chœurs
Darrell Sweet : batterie, percussions, chœurs
Face A
- Hair of the Dog (Charlton)
- Miss Misery (McCafferty, Agnew, Sweet, Charlton)
- Guilty (Randy Newman)
- Changin’ Times (McCafferty, Agnew, Sweet, Charlton)
Face B
- Beggar’s Day / Rose in the Heather (McCafferty)
- Whiskey Drinkin’ Woman (McCafferty, Agnew, Sweet, Charlton)
- Please Don’t Judas Me (McCafferty, Agnew, Sweet, Charlton)
Leur meilleur album avec aussi Razamanaz
RépondreSupprimerEt en 3e position, je dirais Loud'n'Proud. Merci de ta participation et à très bientôt sur Vinyl Blossom.
RépondreSupprimerAgréable de lire cette chronique en écoutant l’album. Personnellement je ne connais pas bien la discographie du groupe !
RépondreSupprimerMerci beaucoup Eric ! Et que pense tu de l'album ?
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