The Beach Boys - Pet sounds
The Beach Boys - Pet Sounds (1966)
L'écho d'un chef d'oeuvre intemporel
Derrière Pet Sounds se cache l’ombre lumineuse d’un génie : Brian Wilson, fondateur des BEACH BOYS aux côtés de ses frères Carl et Dennis. Il en fut le compositeur, l’architecte sonore et l’âme créatrice. En 1966, année de sa sortie, l’album surprend : loin des hymnes solaires dédiés au surf et aux plages californiennes, Wilson livre une œuvre intime, ambitieuse, d’une profondeur inédite. Déconcertés, les fans américains boudent l’expérience. En revanche, Outre-Manche, la critique britannique salue son audace artistique. Paul McCartney ira même jusqu’à confier : "Pet Sounds m’a sorti la tête de l’eau". Avec le temps, le jugement s’est inversé : Pet Sounds est désormais érigé au rang de chef-d'œuvre, souvent cité parmi les plus grands albums de l’histoire de la pop. On y retrouve à la fois l’éclat fragile de la jeunesse, la mélancolie liée au passage de l'adolescence à l'âge adulte et un optimisme irrésistible qui continue de résonner près de soixante ans plus tard. Avant d’entrer en studio, le leader incontesté des BEACH BOYS a une idée bien précise en tête : créer un album-concept intime, "une symphonie adolescente à Dieu" selon sa propre formule. Son ambition est double : rivaliser avec Rubber Soul des BEATLES et concevoir un disque universel tout en restant profondément personnel. Mais derrière cette vision se cache une grande fragilité. Le jeune homme consommateur de LSD et de cannabis est en proie à des accès schizophréniques. Miné par l’angoisse des tournées incessantes qu’il ne supporte plus, il choisit une autre voie et fait appel aux meilleurs musiciens de studio de Los Angeles appellés les WRECKING CREW, tous issu de formations jazz ou classique. Envoi son groupe en tournée à Hawaï et au Japon (à leurs retours, il leur confiera les parties vocales jugeant leur pratique instrumentale trop limitée bien que certains participent de manière trés discrète sur quelques chansons) puis il travaille en retrait dans plusieurs studios d’Hollywood. De cette démarche naît un album grandiose, bâti sur des structures harmoniques audacieuses, enrichi d’arrangements complexes (superposition de piste, réverbération naturelle) et d’effets sonores novateurs (bouteilles de Coca-Cola frappées, clochettes de vélo où aboiements de chiens), où des instruments insolites se mêlent aux guitares et claviers traditionnels (sifflets, castagnettes, bongos, temple blocks). Avec Pet Sounds, Brian Wilson s’aventure dans un territoire inédit défiant la pop des années 1960. Ses textes explorent les émotions d’un jeune adulte en quête d’amour, oscillant entre fragilité et idéalisme. Il y aborde la peur d’être incompris (Caroline No), la recherche de réconfort face à la vulnérabilité affective (Don’t Talk), le doute existentiel et le désir profond d’appartenir à son époque (I Just Wasn’t Made for These Times ainsi que That’s Not Me), ou encore la vision d’un amour idéalisé (Wouldn’t It Be Nice). De la première note à la dernière, l’album déploie une mélancolie intemporelle : celle d’une époque révolue, mais portée par des sentiments universels. De part sa cohérence émotionnelle et sa richesse harmonique, Wilson élève la pop au rang d’art majeur. Plus qu’un simple disque, Pet Sounds apparaît comme le témoignage d’une sensibilité rare et d’une quête sonore visionnaire due à un travail de production de génie. Indiscutablement l'un des meilleurs albums de l'histoire de la musique moderne !
Quelques citations :
Paul McCartney (the Beatles)
C’est l’album qui m’a le plus influencé. J’ai joué God Only Knows pour ma femme Linda, et j’ai dit : C’est la plus belle chanson jamais écrite.
Sans Pet Sounds, il n’y aurait pas eu Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
Eric Clapton
Pet Sounds est un album magnifique. J’étais bouleversé la première fois que je l’ai entendu.
Elton John
Pet Sounds est l’un des albums les plus brillants jamais réalisés. Il m’a totalement changé en tant que musicien.
Bob Dylan
Le niveau de pureté et de clarté dans la production de Pet Sounds était inouï à l’époque.
Thom Yorke (Radiohead)
Pet Sounds a ouvert la voie pour tous ceux qui voulaient sortir du cadre classique de la pop.
Bono (U2)
Pet Sounds est un disque spirituel. C’est de la musique d’âme pure, faite avec une vulnérabilité totale.
Fiche technique :
Enregistrement : Du 18 juillet 1965 au 13 avril 1966
Studio : Western Recorders (Los Angeles) - Gold Star Studios (Los Angeles) - Sunset Sound (Los Angeles)
Sortie : 16 mai 1966
Durée : 36.25
Genre : Pop, Rock
Style : Psychédélique Rock, Art Rock
Producteur : Brian Wilson
Ingénieurs du son : Bruce Botnick, Larry Levine, Chuck Britz, Jim Lockert
Label : Capitol
Brian Wilson : chant, piano, orgue, clavecin, basse électrique, arrangements, production
Carl Wilson : chant, guitare électrique, guitare acoustique, 12 cordes
Dennis Wilson : chant, parfois batterie (mais très peu sur l’album)
Mike Love : chant
Al Jardine : chant, guitare rythmique
Bruce Johnston - claviers, chant (surtout en live, peu présent sur les sessions studio de Pet Sounds)
Musiciens de studio (The Wrecking Crew & associés)
Hal Blaine : batterie, percussions (castagnettes, bongos, timbales, etc.)
Carol Kaye : basse électrique
Ray Pohlman : basse électrique
Lyle Ritz : contrebasse
Jimmy Bond : contrebasse
Billy Strange : guitare
Barney Kessel : guitare
Al Casey : guitare
Bill Pitman : guitare, ukulélé
Jerry Cole : guitare
Tommy Tedesco : guitare
Julius Wechter : percussions (vibraphone, marimbas, temple blocks, timbales)
Frank Capp : percussions
Gene Estes : percussions
Gary Coleman : percussions
Jim Gordon : batterie, percussions
Larry Knechtel : clavecin, orgue, piano, accordéon
Don Randi : piano, orgue, clavecin
Leon Russell : piano
Steve Douglas : saxophone ténor
Jay Migliori : saxophone baryton
Plas Johnson : saxophone
Jim Horn : saxophone, flûte, piccolo
Roy Caton : trompette
Tony Terran : trompette
Ollie Mitchell : trompette
Lew McCreary : trombone
Richard “Dick” Hyde : trombone
Frank Rosolino : trombone
Alan Robinson : cor d’harmonie
Chuck Berghofer : contrebasse
Jack Nimitz : basson, saxophone baryton
Jesse Ehrlich : violoncelle
Leonard Hartman - hautbois
Gene Cipriano : clarinette, saxophone, flûte
Jay Migliori : saxophone baryton, flûte
Paul Horn : flûte, clarinette
George Hyde : cor d’harmonie
Sid Sharp, Leonard Malarsky, Harry Lookofsky : violons (section de cordes)
Face A
- Wouldn’t It Be Nice (B.wilson)
- You Still Believe in Me (B.wilson)
- That’s Not Me (B.wilson)
- Don’t Talk (Put Your Head on My Shoulder) - (B.wilson)
- I’m Waiting for the Day (B.wilson)
- Let’s Go Away for Awhile (instrumental)
- Sloop John B (chant traditionnel des Bahamas arrangé par B.Wilson)
Face B
- God Only Knows (B.wilson)
- I Know There’s an Answer (B.wilson)
- Here Today (B.wilson)
- I Just Wasn’t Made for These Times (B.wilson)
- Pet Sounds (instrumental)
- Caroline, No (B.wilson)
À noter que Tony Asher a plus ou moins participer à l'écriture de certains textes
Album culte évidemment mais le morceau qui m'a littéralement transporté, c'est Good vibrations, une mini symphonie musicale qui aurait mérité de se trouver sur cet album.
RépondreSupprimerPour être honnête avec toi et j'entends ce que tu dis, je t'avoue ne pas être une grand fan des Beach Boys (première période). En revanche, cet album prit en main par Brian Wilson est tout simplement magnifique. Il me téléporte dans les années 60 et je pourrai l'écouter tous les jours sans m'en lasser une seule seconde. A très bientôt sur Vinyl Blossom, du mois je l'espère et un grand merci pour ta participation.
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