Rainbow - Rising
Rainbow -Rising (1976)
Quand l'autoroute des étoiles vous mène au firmament
Contexte et genèse
En fondant RAINBOW, Ritchie Blackmore voulait retrouver la maîtrise totale de sa vision musicale. Un rêve qu’il ne pouvait plus réaliser au sein de DEEP PURPLE, miné par les tensions et les égos. Fatigué des querelles internes, il tourne la page pour bâtir un royaume sonore à son image : un hard rock aux accents néo-classiques, baigné de mythes, de légendes et de lumière surnaturelle.
Adieu les routes poussiéreuses du rock terrestre, bienvenue dans le monde de RAINBOW, peuplé de sorciers, dragons et forteresses imaginaires.
Après un premier album enregistré avec les membres d’ELF (dont l’extraordinaire Ronnie James Dio au chant), Blackmore repart en croisade à Munich, en 1976, pour graver ce qui deviendra Rising. Seuls lui et Dio restent du line-up originel. Désireux d’un son plus massif, il enrôle le titan Cozy Powell à la batterie (ex-JEFF BECK GROUP), Jimmy Bain à la basse, et Tony Carey aux claviers.
Sous la houlette du producteur Martin Birch, véritable alchimiste du son déjà remarqué pour son travail avec DEEP PURPLE, FLEETWOOD MAC et plus tard IRON MAIDEN, le groupe trouve enfin la formule magique : un son dense, clair, mystique, où chaque instrument résonne comme dans une cathédrale de feu.
La pochette : un poing surgissant de la tempête
Avant même la première note, la pochette de Rising installe l'ambiance. Œuvre du légendaire illustrateur Ken Kelly (qui peindra aussi pour KISS et MANOWAR), elle montre un poing colossal surgissant d’une mer en furie, saisissant un arc-en-ciel comme un trophée divin. Cette image, digne d’une épopée nordique, condense toute la symbolique de RAINBOW : la lutte entre l’ombre et la lumière, la puissance et la transcendance.
On n’est pas ici pour faire de la broderie mais pour brandir l’épée du rock face aux cieux.
Les titres : ascension mystique
L’album s’ouvre sur Tarot Woman, une entrée en matière fascinante. Le clavier de Tony Carey évoque une incantation cosmique avant que le riff tranchant de Blackmore ne s’abatte comme un éclair. La voix de Dio s’élève, prophétique, entre ciel et enfer. On comprend dès les premières mesures que Rising sera une œuvre céleste, un pont entre le mythe et le métal.
Run With The Wolf ralentit le tempo, instillant un groove menaçant où la basse de Bain fait trembler le sol. Puis Starstruck, plus direct, revient à un hard rock nerveux et terrien, le titre le plus « humain » du disque, presque un clin d’œil aux origines blues de Blackmore.
Do You Close Your Eyes, plus court et calibré, flirte avec la FM sans égaler la majesté du reste, mais apporte une respiration avant l’ascension finale.
Et quelle ascension !
La face B s’ouvre sur Stargazer, monument absolu du hard rock, temple sonore dont les pierres sont taillées par la Stratocaster de Blackmore et la voix céleste de Dio. L’histoire d’un sorcier bâtissant une tour pour atteindre les étoiles devient métaphore du musicien lui-même, cherchant à tutoyer le divin à travers l’art. La batterie martiale de Powell, l’orchestre philharmonique de Munich, et la production mystique de Birch font de ce morceau une liturgie du pouvoir et de la démesure.
Puis vient A Light in the Black, suite directe de Stargazer, où le groupe accélère dans une chevauchée galopante. Les claviers et la guitare s’affrontent dans un duel d’éclairs, rappelant les grandes batailles épiques des légendes arthuriennes.
Conclusion : la tour de feu du hard rock
Court mais incandescent, Rising est un chef-d’œuvre absolu, un grimoire d’acier et de lumière qui a redéfini les frontières du hard rock.
Sous la baguette de Martin Birch, RAINBOW a gravé ici un son à la fois mystique et tranchant, où la virtuosité ne sacrifie jamais l’émotion.
Avec l’album Rising, Ritchie Blackmore a offert à Ronnie James Dio une exposition mondiale, révélant ainsi pleinement son incroyable talent vocal. Pourtant, Dio, insatisfait du résultat final, aurait qualifié le disque de "travail d’amateur", des propos qu’on pourrait sans doute attribuer autant à l’ego légendaire de l’artiste qu’à certains excès alors courants dans le milieu du rock). Il enregistrera un dernier album "Long Live Rock ’n’ Roll" avant que chacun ne trace sa voie vers l’immortalité. Dio rejoignant bientôt BLACK SABBATH pour écrire un nouveau chapitre de la légende.
En quittant DEEP PURPLE, Ritchie Blackmore a suivi son étoile.
Avec Rising, il a construit sa tour.
Et du sommet, il a prouvé qu’on pouvait atteindre les cieux à la seule force d’une guitare.
Fiche technique :
Enregistrement : Février 1976
Studio : Musicland Studio (Munich)
Sortie : 17 Mai 1976
Durée : 33.28
Genre : Rock
Style : Hard rock, Heavy métal
Producteur : Martin Birch
Ingénieur du son : Martin Birch
Label : Polydor
Musiciens :
Ronnie James Dio : Chant
Ritchie Blackmore : Guitare
Tony Carey : Claviers
Jimmy Bain : Basse
Cozy Powell : Batterie
Musiciens supplémentaires :
Orchestre philharmonique de Munich : Cordes, cors
Fritz Sonnleitner : Maitre de concert
Rainer Pietsch : Chef d'orchestre
Face A :
1. Tarot Woman
2. Run With The Wolf
3. Starstruck
4. Do You Close Your Eyes
Face B :
1. Stargazer
2. A Light In The Black
Toutes les chansons sont composées par Ritchie Blackmore (musique) et Ronnie James Dio (paroles)
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Ça c'est mythique ! Un album absolument génial en tout point.
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RépondreSupprimerUn grand classique du Hard Rock, Ritchie Blackmore est sur un nuage. Mais il faut dire aussi que partout ou Dio est passé la magie a opérée. Merci pour tes interventions sur Vinyl Blossom Alex !
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