UFO - Strangers in the Night

UFO - Strangers in the Night (1979)
Un mythe dans l'histoire des Lives


Un jeune guitariste allemand qui va tout changer

Il est des groupes dont la vérité ne se révèle pleinement qu’une fois les "Marshall" poussés à fond, et dont les titres en concert dépassent les versions studio. Kiss en fait partie. UFO, tout autant.
Formé à Londres en 1968, le groupe débute dans un hard rock encore imprégné de blues, flirtant avec un space rock psychédélique qui colle déjà parfaitement à son nom : UFO, objet sonore non identifié, en orbite libre entre les étoiles et les clubs enfumés de "old smoke". Mais il faudra attendre Phenomenon (1974) et l’arrivée d’un jeune guitariste allemand de 18 ans, Michael Schenker, pour que le vaisseau change brutalement de trajectoire.
Ancien prodige des Scorpions, Schenker redéfinit l’ADN du groupe. Son jeu précis, mélodique, structuré, mais traversé d’éclairs électriques, fait entrer UFO dans une dimension plus heavy, plus mature. Les portes du rêve américain s’ouvrent enfin. Quatre albums majeurs suivront, jusqu’à ce que Strangers in the Night (1979) ne vienne sceller définitivement la légende.
Enregistré lors de la tournée "Obsession" à Chicago et Louisville (les deux titres bonus de la réédition 1999 seront enregistrés dans l'Ohio à Youngstone pour Hot 'n' Ready et à Cleveland pour Cherry), ce live marque aussi la fin d’un cycle : il s’agit du dernier album de Schenker avec UFO, avant un départ aussi brutal qu’inévitable, conséquence de tensions internes devenues ingérables.
Après des années de tournées à travers le monde, le groupe atteint ici son apogée scénique. Phil Mogg impose une présence singulière : voix charismatique, souvent détachée, jamais démonstrative, frontman froid et nonchalant, presque distant avec son public, mais d’une ironie mordante. Une attitude qui finira par se heurter frontalement au tempérament volcanique de Schenker, provoquant la rupture.
À ses côtés, Pete Way, bassiste à l’attitude presque punk, occupe l’espace avec une insolence permanente, tandis qu’Andy Parker assure un groove solide et sans fioritures. Et au centre de ce chaos parfaitement maîtrisé, Michael Schenker, en état de grâce absolue, déploie un jeu lumineux, tranchant, extraterrestre.
Grâce au producteur Ron Nevison, et contrairement à nombre de lives de l’époque, le son est ici puissant, ample et d’une clarté remarquable. Le public est bien présent, capté comme une énergie orbitale, sans jamais étouffer la musique.

Équilibre parfait entre spontanéité et précision

Strangers in the Night est un concentré de classe, de tension et de puissance, un live mythique capturé juste avant la fracture, et avant la renaissance du groupe dans les années 80.
Parmis les meilleurs titres bien que rien ne soit à jeter, il y a le monumental Rock Bottom,  représentant du sommet absolu. Il dépasse largement sa version studio de Phenomenon, porté par un solo de Schenker devenu légendaire, souvent cité comme l’un des plus grands de l’histoire du rock.
Out in the Street, progressif et habité, brille par ses nappes de claviers cristallines (Paul Raymond y est magistral) et les accords de guitare à faire plier les genoux en signe de capitulation.
Doctor, Doctor, classique parmi les classiques, résume à lui seul l’essence de UFO : riffs chargés d’électricité, simplicité redoutable, efficacité immédiate.
Love to Love prouve que le groupe sait injecter une émotion sincère dans son hard rock, sans jamais sombrer dans la pop facile, tandis que Lights Out se révèle ici plus rapide, plus agressif, presque incandescent.
Only You Can Rock Me trouve l’équilibre parfait entre mélodie et puissance, et Shoot Shoot clôt le spectacle sur une note sauvage, rappelant une évidence : cette œuvre figure sans conteste parmi les dix meilleurs albums live, tous styles confondus.

L’album qui scellera la légende

En résumé, Strangers in the Night est une offrande des dieux du hard rock. Si vous ne deviez posséder qu’un seul album de UFO, c’est celui-ci. Il condense, transcende et revisite les albums précédents avec une telle force qu’on en viendrait presque à se demander s’il est nécessaire de posséder les versions studio.
Même si les tensions permanentes entre Mogg et Schenker finiront par avoir raison de cette formation, leur association aura donné naissance à une œuvre majeure, incontournable pour tout amateur de hard rock mélodique.
Aujourd’hui, il est possible d’écouter un album avant de l’acheter. Cette fois-ci, faites-moi confiance : procurez-vous le vinyle et écoutez-le ensuite.
J’en prends l’entière responsabilité.
À écouter fort. Très fort !!!


Fiche technique :

Enregistrement live :
Chicago (international amphitheatre, 13 octobre 1978)
Louisville (louisville garden, 18 octobre 1978)
Sortie : janvier 1979
Durée : 69.13 (double album)
Genre : rock
Style : hard rock, heavy métal 
Producteurs : Ron Nevison
Ingénieurs du son : Ron Nevison, Mike Clink, Brian Chubb
Label : Chrysalis Records
Pochette : Hipgnosis

Musiciens 

Phil Mogg – chant 
Michael Schenker – guitare solo
Paul Raymond – claviers, guitare rythmique 
Pete Way – basse 
Andy Parker – batterie

Face A

1. Natural Thing
2. Out in the Street
3. Only You Can Rock Me
4. Doctor Doctor 

Face B

1. Mother Mary
2. This Kid’s
3 Love to Love 

Face C

1. Lights Out
2. Rock Bottom 

Face D

1. Too Hot to Handle
2. I’m a Loser
3. Let It Roll
4. Shoot Shoot 














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