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Yes - Close to the Edge

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Yes - Close to the Edge (1972) Aux sommets du rock progressif  Bill Bruford, batteur érudit et perfectionniste, comparait l’enregistrement de Close to the Edge  à l’ascension du mont Everest. Une épreuve de haute altitude, harassante, presque spirituelle. Travailler avec les autres membres de YES relevait alors du marathon créatif. Il parlera plus tard d’un processus tortueux, étouffant, où la quête de perfection finissait par tuer la spontanéité. Insatisfait par la direction musicale du groupe (trop diatonique, trop verrouillée à son goût), Bruford quittera le navire à la fin de l’enregistrement pour rejoindre KING CRIMSONS, là où l’improvisation et la liberté jazzy pouvaient enfin respirer. Fragile (1971), l’album précédent, oscillait entre classicisme, jazz et folk, une élégante mosaïque. Mais Close to the Edge pousse cette ambition à son paroxysme. Les compositions gagnent en organicité, les transitions en fluidité, et l’ensemble, malgré les tensions internes, atteint un...

Uriah Heep - Demons and Wizards

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Uriah Heep - Demons and Wizards (1972)  De l'ombre à la lumière  Sans atteindre l’audace de Paranoid  (1970) de BLACK SABBATH ni la virtuosité flamboyante de Machine Head (1972) de DEEP PURPLE, Demons and Wizards (1972), quatrième album du groupe londonien URIAH HEEP, s’est imposé comme une pièce incontournable du hard rock de ce début de décennie. Entre envolées symphoniques et touches de folk, l’album déploie une identité singulière à l’image de l’ouverture acoustique de The Wizard , qui donne le ton dès la première face. Avant même d’écouter les premières notes, la pochette culte contribue à l’aura mythique de cette pièce maîtresse des années 70. Signée par l’illustrateur britannique Roger Dean, elle déploie un univers à la fois onirique et féerique, où une silhouette divine (magicien ou druide) surgit d’une cascade illuminée par un ciel bleu nuit étincelant d'étoiles. Une imagerie qui s’accorde parfaitement avec l’atmosphère musicale de l’opus. À ce...

The Deadly Ones - It's monster surfing time

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The Deadly Ones  - It's monster surfing time (1964) Dracula est un bon surfer ! Comment écrire sur un album qui soixante ans plus tard reste aussi mystérieux qu’un film de série B mal doublé ? Le groupe, THE DEADLY ONES demeure une énigme : musiciens anonymes, origine incertaine, seules certitudes, ils venaient bien de quelque part aux États-Unis (merci Sherlock). Et pourtant, derrière cette aura fantomatique se cache un disque culte : It’s Monster Surfing Time , sorti en 1964 chez Vee-Jay Records (le même label qui un ans plus tôt avait acquis les droits de publier certains singles des BEATLES aux US). La pochette déjà a tout d’une affiche de drive-in : couleurs criardes, monstres improbables, promesse de frissons bon marché. Quant à la musique, c’est un surf-rock déjanté : guitare twang, orgue kitsch, percussions sèches et une avalanche d’effets sonores (cris, grognements, hurlements). L’album dure à peine 25 minutes avec une face B plus "rock" que "sur...

Black Sabbath - Black Sabbath

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Black Sabbath - Black Sabbath (1970) Diabolus in musica " La pluie tombe encore, les voiles des ténèbres enveloppent les arbres noircis, qui, tordus par une violence invisible, perdent leurs feuilles fatiguées et plient leurs branches vers une terre grise jonchée d’ailes d’oiseaux tranchées.  Parmi les herbes, les coquelicots saignent avant une mort gesticulante, et de jeunes lapins, nés morts dans des pièges, demeurent immobiles, comme s’ils gardaient le silence qui entoure et menace d’engloutir tous ceux qui voudraient écouter. Les oiseaux muets, las de répéter les terreurs d’hier, se blottissent ensemble dans les recoins sombres, les têtes détournées des morts, cygnes noirs flottant, retournés, dans une petite mare au creux du vallon. De cette mare s’élève une légère brume sensuelle, qui s’élance doucement vers le haut pour caresser les pieds ébréchés de la s...

Herbie Hancock - Inventions & Dimensions

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Herbie Hancock – Inventions & Dimensions (1964)  L'expérimentation en majesté Inventions & Dimensions n’est sans doute pas l’album le plus populaire d’Herbie Hancock sur le label Blue Note, mais il demeure l’un de ses plus avant-gardistes. Enregistré le 30 août 1963 au mythique Van Gelder Studio, ce troisième disque en tant que leader témoigne déjà de la volonté du pianiste alors âgé de 23 ans  d’explorer les frontières du jazz. Une démarche qui traversera toute son impressionnante carrière, s’étendant sur plus de soixante ans sans jamais céder à la facilité. En se penchant sur la pochette, le ton est donné : on y voit un jeune Herbie Hancock, bras croisés, campé au milieu d’une rue new-yorkaise déserte (East 41st Street), photographié par Francis Wolff puis mis en valeur par le graphiste Reid Miles. Retouchée dans un ton jaune sépia, l’image évoque une atmosphère futuriste : le musicien semble surgir d’une cité vidée de ses habitants, tel un survivant solitaire. Une ...