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Affichage des articles du janvier, 2026

ZZ Top - Tres Hombres

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ZZ Top - Tres Hombres (1973) Rock, Gun, Nachos & God  Trois rockeurs prophètes dans leur pays Prenez un studio d’enregistrement planqué dans une petite ville poussièreuse du Texas. Ajoutez un son volontairement rugueux mais toujours lisible, naturellement compressé par des amplis à lampes montés à un niveau sonore raisonnable. Évitez la saturation outrancière, laissez respirer les instruments, et vous obtenez l’essence du son ZZ Top . Simple sur le papier, efficace sur bande. Bien sûr, la recette ne se limite pas à une question de matériel. La guitare de Billy Gibbons se passe d’effets, d’overdubs et de démonstration inutile. Son jeu est précis, chirurgical même, avec un sens du placement redoutable et cette capacité rare à dire plus avec moins de notes. Une leçon de sobriété électrique qui influencera des générations entières de guitaristes. En face, la basse de Dusty Hill verrouille les grooves avec une rondeur parfois presque sourde, pendant que Frank Beard frapp...

Traffic - Mr Fantasy

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Traffic - Mr Fantasy (1967) 67 année psychédélique  En 1967, alors que Gimme Some Lovin’ du SPENCER DAVIS GROUP triomphe dans les classements, Steve Winwood choisit de quitter le navire. À seulement dix-neuf ans, il ressent déjà le besoin d’élargir son horizon créatif, de s’éloigner du rythme des hits pour explorer des territoires plus libres et aventureux. Avant même la célébrité, le jeune prodige de Birmingham s’était imposé comme un musicien d’exception. Son jeu de clavier, à la fois instinctif et habité, l’avait conduit à accompagner sur scène de véritables légendes du blues américain en tournée au Royaume-Uni (B.B. KING, MUDDY WATERS, JOHN LEE HOOKER) bien qu’il fût parfois trop jeune pour jouer officiellement dans les clubs, contraint de tourner le dos au public. Une image presque symbolique d’un talent prêt à éclore, déjà trop grand pour les cadres imposés. Avec Jim Capaldi (batterie, percussions), Chris Wood (flûte, saxophone) et Dave Mason (guitare, basse, clav...

Quicksilver Messenger Service - Happy Trails

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Quicksilver Messenger Service - Happy Trails (1969) A la conquête de l'acid rock Il était une fois dans l’Ouest La première question qui surgit à l’écoute de Happy Trails est évidente : s’agit-il d’un album live ou d’un album studio ? La réponse se situe quelque part entre les deux. Enregistré en concert en novembre 1968, principalement au Fillmore West de San Francisco et au Fillmore East de New York, le disque est ensuite soigneusement sélectionné, monté et assemblé par Capitol Records afin de lui donner une cohérence d’ensemble. Happy Trails n’est donc pas la simple captation brute d’un concert, mais un album live édité, pensé comme une œuvre harmonieuse et construite. Un choix judicieux tant Quicksilver Messenger Service révèle toute sa puissance et sa liberté sur scène, bien davantage qu’en studio. Le groupe y déploie un jeu collectif fluide, fondé sur l’improvisation et l’écoute mutuelle, signature de la scène de San Francisco à la fin des années 60. Depuis troi...

Gentle Giant - Octopus

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Gentle Giant - Octopus (1972) Un gentil géant du rock progressif  Complexe et cérébral mais.... Généralement, quand Roger Dean signe une pochette pour un groupe, la promesse d’un album de qualité semble assurée. Octopus ne fait pas exception. Moins célébré que Fragile de Yes , sorti un an plus tôt, cet opus de Gentle Giant mérite pourtant amplement sa place parmi les grands classiques du rock progressif. En 1970, à Portsmouth (Angleterre), trois frères multi-instrumentistes (Derek, Ray et Phil Shulman) décident de mettre un terme à leur premier projet, Simon Dupree and the Big Sound , pour se lancer dans une aventure musicale plus ambitieuse. Leur objectif : créer un rock progressif nourri de jazz, de folk, et surtout d’échos médiévaux. Si l’influence du Moyen Âge s’était déjà insinuée subtilement dans leurs albums précédents, c’est sur Octopus qu’elle s’affirme pleinement, telle une tapisserie musicale tissée de luths, de violes et de mélodies anciennes. La véritable...

Gun - Gun 1

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Gun - Gun 1 (1968) Cercles infernaux et power chords Un power trio britannique aux portes du hard rock GUN , de leur propre aveu, était un groupe bruyant et violent. En 1967, alors que la scène pop britannique se perdait dans la morosité et que de nombreux groupes éclataient, ces trois londoniens apportaient une bouffée d’excitation électrique, comme une étincelle dans le brouillard de la capitale. Formé par les frères Gurvitz (renommés Curtis sur l’album pour un nom plus « anglicisé » ) le trio semblait incarner le chaînon manquant entre le rock blues psychédélique et ce qui allait devenir le hard rock. Le jeu de guitare d’Adrian Curtis est d’une agressivité rare pour l’époque : fuzz saturé, feedbacks furieux et riffs nerveux qui semblent presque déchirer la bonne conscience anglaise. La basse de Paul Curtis et la batterie percutante de Louie Farrell ajoutent une énergie brute qui domine la production, volontairement rugueuse, capturant l’essence vivante et instantanée...

UFO - Strangers in the Night

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UFO - Strangers in the Night (1979) Un mythe dans l'histoire des Lives Un jeune guitariste allemand qui va tout changer Il est des groupes dont la vérité ne se révèle pleinement qu’une fois les "Marshall" poussés à fond, et dont les titres en concert dépassent les versions studio. Kiss en fait partie. UFO , tout autant. Formé à Londres en 1968, le groupe débute dans un hard rock encore imprégné de blues, flirtant avec un space rock psychédélique qui colle déjà parfaitement à son nom : UFO, objet sonore non identifié, en orbite libre entre les étoiles et les clubs enfumés de "old smoke". Mais il faudra attendre Phenomenon (1974) et l’arrivée d’un jeune guitariste allemand de 18 ans, Michael Schenker, pour que le vaisseau change brutalement de trajectoire. Ancien prodige des Scorpions, Schenker redéfinit l’ADN du groupe. Son jeu précis, mélodique, structuré, mais traversé d’éclairs électriques, fait entrer UFO dans une dimension plus heavy, plus mat...

The Graeme Edge Band (featuring Adrian Gurvitz) - Kick off your Muddy Boots

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The Graeme Edge Band (featuring Adrian Gurvitz) - Kick off your Muddy Boots (1975) La zone musicale oubliée des seventies Un groupe qui n’en fût jamais vraiment un  The Graeme Edge Band n’a jamais eu vocation à devenir un véritable groupe enchaînant les tournées, ni fait pour durée dans le temps. Il s’agit plutôt d’un projet parallèle, presque trop discret, né de la rencontre de deux musiciens à un moment charnière de leur parcours. D’un côté, Graeme Edge, batteur emblématique des Moody Blues , profitant d’une pause prolongée de son groupe entre 1974 et 1977. De l’autre, Adrian Gurvitz, guitariste et chanteur, fondateur avec son frère Paul du groupe Gun , qui connut en 1968 un succès aussi fulgurant que brûlant avec Race with the Devil .  Très vite, l’équilibre du projet s’impose de lui-même : Graeme Edge s’efface élégamment pour laisser un large espace créatif à Adrian Gurvitz. Celui-ci signe l’essentiel des compositions, assume le rôle de frontman et impose une ...

Rush - Fly by Night

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Rush - Fly by Night (1975 ) Un envol vers le succès  Un nouveau batteur qui change la donne Deuxième album de Rush , Fly By Night se distingue par l’arrivée de Neil Peart à la batterie, également auteur des paroles (excepté sur le titre Best i Can écrit par Geddy Lee). Son arrivée change tout. Peart n’est pas seulement un batteur d’une précision redoutable ; il débarque surtout avec un carnet de textes déjà bien rempli. En un album, il va redéfinir l’ADN du groupe, tant sur le plan lyrique que conceptuel. La formation canadienne s’y stabilise définitivement et ne connaîtra plus de changements par la suite. Supérieur au premier album éponyme (y compris sur le plan de la production), Fly by Night n’atteint toutefois pas encore le niveau des œuvres majeures à venir, notamment A Farewell to Kings (1977) et Hemispheres (1978), qui propulseront définitivement Rush sur la scène internationale. Comme sur leurs débuts, l’influence de Led Zeppelin , oscillant entre hard rock e...

Eloy - Floating

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Eloy - Floating (1974) L'écho d'un son né du cosmos ! Eloy ou sa quête d'universalité Floating est le troisième album du groupe allemand Eloy . Porté par des thématiques récurrentes : science-fiction, voyage intérieur, temps, conscience et exploration du cosmos, le groupe affine ici une identité musicale à la croisée du rock progressif, du space rock et de certaines esthétiques du Krautrock. Cette aspiration permanente à l’évasion peut aussi se lire comme une réponse diffuse, presque inconsciente, à une Allemagne encore divisée. À travers ses longues plages atmosphériques et son imaginaire cosmique, Eloy semble ainsi poursuivre une quête d’universalité, comme pour s’affranchir des frontières terrestres et des réalités politiques de son époque. Mais là où  Faust (célebre groupe de Krautrock allemand) transforme cette brèche en matière sonore et conceptuelle, Eloy incarne une recherche d'unité globale, presque une négation des fractures géographique. Formé ...